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L A I S S E R  A L L E R …

 

Il y a quelques années, j'ai pris ce chemin que je veux partager avec vous aujourd'hui. Des choses se passaient dans ma vie et je n'arrivais pas à les contrôler. J'avais des problèmes au travail, j'avais des problèmes avec quelques amis, j'avais des problèmes familiaux et puis tout cela a commencé à se refléter sur ma santé. J'allais être hospitalisé et opéré même et je me demandais pourquoi tout cela m'arrivait. Pourquoi je n'étais pas en mesure de contrôler ma propre vie. Cela bourdonnait constamment dans ma tête, à propos de tous les « il faut » et « il devrait » sur tous les fronts – le boulot, la famille, les choses personnelles. Plus je m'attardais sur ces pensées négatives, plus de misère je m’infligeais à moi-même. J'ai rassemblé dans ma tête des tas de déchets négatifs de mon passé, je n'avais pourtant aucune idée comment je pouvais les oublier et me débarrasser de tout le négatif qui m'est arrivé dans ma vie, alors j'ai commencé à chercher des réponses. J'étouffais et j'étais littéralement incapable de prendre mon souffle et puis je suis arrivé à la révélation : « On ne peut même pas prendre un nouveau souffle tant qu'on ne laisse partir le présent. » Le dioxyde de carbone doit bien sortir pour vider l'espace qui est très rapidement rempli par l'oxygène. Cela a été et reste encore pour moi un processus très douloureux, les leçons en tirées valent néanmoins toutes les douleurs lesquelles j'ai dû subir. J'ai dû vider ma tête de tous les déchets négatifs de mon passé afin de laisser de l'espace pour la gratitude et les choses positives dans ma vie. J'ai dû commencer à vivre le moment présent et oublier le passé. La gratitude, la compassion et la générosité sont devenues mes clés pour laisser aller toutes les choses négatives. Les faits de m'habituer à m'asseoir tous les jours pour écrire les trois choses dont je suis reconnaissant dans ma vie et de réaliser un acte généreux tous les jours m'ont beaucoup aidé.

« On ne peut pas prendre un nouveau souffle tant qu'on ne laisse partir le présent. »
 

Si quelqu'un me demandait, il y a 24 ans ; si je voulais vivre la prochaine moitié de ma vie à Prague, j'aurais rigolé et, pour cacher mon ignorance, j'aurais furtivement regardé sur la carte pour savoir où Prague se trouve. Encore moins j'aurais cru que j'allais devenir le gérant principal d'un hôtel ou le chef de restaurant et traiteur. Je n'aurais jamais imaginé que j'allais m'engager dans deux relations qui me donneraient quatre enfants les plus adorables, les plus magnifiques du monde entier. Les gens qui entraient dans ma vie, le moment quand ils entraient dans ma vie, qu'ils y restaient ou qu'ils la quittaient, tout cela je ne pouvais aucunement contrôler mais quelque part je voulais toujours être capable de contrôler l'avenir et puis je me suis rendu compte qu'en réalité que je n'en avais aucun contrôle. Être vulnérable me gênait depuis toujours, j'ai toujours essayé de cacher mes faiblesses à tout le monde et ne montrer de moi que le meilleur. Puis j'ai compris que personne n'était parfait et que la vulnérabilité est en fait une force, car dès qu'on est sincère et ouvert aux autres quant à nos faiblesses, on devient plus facilement proche avec les gens et on se lie à un niveau plus profond d'où naît la confiance. Je me suis rendu compte que l'important était laisser aller son ego et être tout simplement compatissant et indulgent car, après tout, qui suis-je pour juger les autres.
 

J'ai réalisé que si je voulais me réveiller avec la conscience de moi-même, je devais me débarrasser de celui que j'imaginais être ou celui que je prétendais être. Dès que j'ai compris que le changement était inévitable et que je ne contrôlais pas les choses, l'unique manière d'anticiper et d'embrasser ce changement était de reconnaître que je suis vulnérable et utiliser cette vulnérabilité et cette sincérité comme une force qui permet d'aller en avant en laissant passer tout le bourdonnement négatif dans ma tête, faisant de l'espace pour la compassion, la générosité, la gratitude et l'humour. Car il n'est pas facile de changer des mœurs et des habitudes au vieux singe de 54 ans mais chaque nouveau pas dans cette direction m'ouvre les yeux pour voir un nouveau monde plein de possibilités, d'opportunités et de magie. Ceci est un travail en cours que je partage avec vous mais la magie devient de plus en plus forte avec chaque jour qui passe.
 

Le changement est inévitable
 

A chaque blessure, un fossé s'est ouvert entre mes attentes bâties dans ma tête et la réalité. Évidemment, je ne pouvais jamais voir les choses qu'à partir de mon point de vue et à travers mes expériences du passé. J'avais l'habitude de juger les gens. Depuis, en devenant plus âgé et bien heureusement un peu plus sage, je comprends aujourd'hui que le regard sur les autres dépend toujours de la transparence de la fenêtre par laquelle je les regarde. J'essaie de nettoyer mes vitres aussi souvent que possible et ma vue change alors souvent complètement. Comme a dit Dalaï-lama : « Si je suis capable de laisser aller les choses et devenir plus compatissant, c'est moi qui jouit de la paix intérieure. » Si l'on aime les gens non à cause de nos intérêts égoïstes mais pour eux -mêmes, considérons alors que « ceux qui ont le plus besoin de notre amour sont ceux qu'il est le plus difficile d'aimer ». Quand j'ai réalisé cela, ma perspective a complètement changé et ma vie a pris un nouveau tournant.
 

« Ceux qui ont le plus besoin de notre amour sont ceux qu'il est le plus difficile d'aimer »
 

Quand j'ai compris que la vie est un paradoxe et que le changement est inévitable, j'ai arrêté de me prendre autant au sérieux et j'ai commencé à m'amuser, à me moquer de moi-même, de ce fou que j'étais tout au long des années passées :) J'ai réalisé que le vrai moi a de la force, de l'amour, de la sérénité et même de la gratitude. J'ai juste besoin de m'assurer que je reste conscient la plupart du temps. Pour moi, le voyage est comme un pendule oscillant entre mon ego et les choses que j'associais avec moi ou le mien et la tranquillité en restant dans la moment présent de mon vrai moi – le « je suis ». Plus j'arrive à me tenir loin de mon ego, à percevoir qui suis-je vraiment, plus paisible, plus sensible et plus heureux je suis.:) Plus le bonheur pur fais partie de moi et ne représente plus pour moi un but, plus je me sens béni, c'est alors que je commence à vraiment savourer ma vie.

Sanjiv Suri
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Septembre 2014